
2018
Première Édition
Le noyau dur du milieu artistique shawiniganais venait de prendre un solide engagement, un départ canon. Les Beaulieu, Duchesne, Fauteux, Paillé et Villeneuve allaient aussi inviter une firme d’architectes à participer au projet : Christian Jacques et Hélène Gervais étaient partants. Pour la suite, il a été convenu que les artistes choisiraient d’investir les espaces de fenêtres et portes placardées en y ajoutant un corpus d’œuvres créées spécifiquement pour ces lieux. Une ouverture festive, des rendez-vous ponctuels durant l’été… un succès notoire.

Pourquoi une exposition dans cette ruelle
À l’heure de l’autoroute numérique, du cyberespace, des couleurs saturées, des écrans brillants, propres, sans textures et sans odeurs, il reste dans nos vies beaucoup de zones moins rutilantes : des arrière-cours, des ruelles, des hangars… Des interzones aux architectures grugées par le temps; fenêtres barricadées, balcons érodés, matériaux rouillés, patinés, disloqués, éreintés… Le centre-ville de Shawinigan cache quelques-unes de ces ruelles anachroniques de l’interzone.
Il y a l’artère principale, les façades et les vitrines. Mais la ruelle, elle, l’arrière-cour grouille d’une activité domestique, presque une vie parallèle avec ses bruits, ses odeurs, ses trésors d’éléments architecturaux. Arpenter les ruelles, c’est changer de temps, changer d’espace, changer de monde. Débarquer dans l’envers du décor, avec les cordes à linge, les va-et-vient des livreurs, l’écho des conversations de balcon à balcon…
Louise Paillé, 2018