Interzone, art actuel

Neuvième Édition

Du 3 juillet au 30 septembre

Tu écris sur les murs

 

Tu as inscrit ta prière dans la bavure du mortier

Étouffé un sanglot dans l’éclat d’une brique

Barbouillé de rêve le relief du crépi 

 

Tu as soufflé ton haleine chaude dans l’air figé

Teinté d’azur la grisaille du bitume

Drapé d’un voile céleste l’angle du toit

 

Ton imaginaire onirique 

S’est joué des relents fétides

Ton geste exalté

S’est inspiré de la brise putride

 

Dans les immondices,

Deviné le sublime

Dans la décrépitude,

Perçu l’infini

 

Toi, peintre

Sculpteur, poète

Voire chanteur

 

Photographe

Acrobate, musicienne

Ou danseuse

 

Qu’importe!

 

Car tandis que la ville s’active en tous sens

Et que la tête penchée

Nous oublions de vivre

Tu tends, toi l’artiste, le bras au ciel

 

Ton pinceau se fait glaive

Et des hauteurs du mur lézardé

La rumeur libérée se répand jusqu’au sol

 

Une ruelle? Non!

 

Un canevas, une scène

Du papier à musique

Les coulisses d’un grand musée

 

C’est ainsi que sous leurs dehors bigarrés

Tes graffitis nous laissent entendre

Clameur universelle

Que l’humanité bruisse en toute chose

 

Et que l’espoir demeure possible

Dans notre monde décomposé

Sébastien Houle, 2026

La neuvième édition d’Interzone !

« Neuf » – c’est un beau chiffre! – marque la continuité qu’Interzone poursuit depuis 2018 et témoigne de cette volonté de reconduire année après année une offre culturelle hors-mur issue du même esprit de liberté, d’audace et d’insolite qu’au tout début.

« Neuf » annonce aussi le renouveau : « le tout neuf », cette fraîcheur amenée par la superbe

cohorte 2026. Du 3 juillet au 30 septembre, Interzone se pare, pavoise. À aire ouverte, la ruelle Interzone se découvre en déambulant dans l’arrière-cour un peu trash du centre-ville. Contrairement au cube blanc qui confère valeur et prestige aux créations muséales, ici on « écrit sur les murs » pour mettre en valeur ce lieu mythique oublié et lui redonner vie. La matière usée, les espaces placardés, la tôle ondulée patinée et les escaliers de secours nous servent de support, socle,

lieu de mise en scène et d’inspiration. Nous habitons ce passage avec fierté.

La cohorte 2026 a mis la main à la tâche et sur de nouveaux îlots : on s’affiche dans une vitrine patrimoniale, renouvelle des placardages de 2018, rajeunit 2 murales, en crée une autre et invite le public à « se donner la main » et à pédaler ensemble, quatre à la fois !

Festive et rassembleuse, la neuvième édition sera celle de la continuité, du fait main, du savoir-faire, de la revalorisation de la matière et de la rencontre entre humains curieux.

Josette Villeneuve, Shawinigan, 2026

Cohorte 2026

Interzone — La Collection

Comme tout musée qui se respecte, Interzone possède sa propre collection.

La Collection fait référence à l'ensemble des œuvres d'art créées spécifiquement pour ce lieu et qui sont actuellement dans la ruelle Interzone. Elles sont dorénavant répertoriées, identifiées sur le site par des cartels différents. On parle ici de plus de 30 œuvres que l’on retourne voir et revoir, comme ce fameux Matisse-Griffiths, le spectaculaire Vasarely-Gaudreau ou encore le floral Warhol-Cantin pour ne nommer que ceux-là.

Interzone — Les Évanouies 

L’intégrale des « Évanouies » compte plus de 20 œuvres créées pour l’une des 6 éditions précédentes de l’événement. Ces œuvres ne sont plus sur le territoire pour de multiples raisons. À travers ces œuvres, 8 artéfacts se retrouveront à nouveau dans la ruelle cet été. Un retour sous un autre regard (celui du Collectif Instants) et sous une autre forme que l’équipe a décidé d’adopter pour le plaisir de les revoir autrement. Sorte de mise en abîme des œuvres dans la ruelle, on les retrouve tout près de leur lieu original d’installation.

Interzone remercie commanditaires & partenaires pour leur soutien ainsi que les propriétaires qui nous permettent d’installer les œuvres sur les murs de bâtiments privés.