
2023
Sixième Édition
L’événement garde son caractère urbain évolutif, ambitieux, actuel, construit comme un circuit déambulatoire d’un kilomètre à air libre qui invite le public à débusquer les oeuvres à travers ce parcours insolite.

En plein cœur!
Légende urbaine
Dans un espace-temps incertain. Et volatile. Non plus linéaire. Mais superposé. Parfois même. Entrecroisé. Supposément. Quelque part. Quelque chose se passait. Des affaires. Probablement. Et quelqu’un le savait. Peut-être. Ce n’était pas un quelconque évènement. Quelques particuliers pourraient croire à de vagues embrouilles. Ou encore. À d’hypothétiques théories douteuses. Et quelquefois. Cela s’avérait être le cas. Mais dans ce cas-ci. Que Nenni. Aucune problématique confuse. Il s’agissait imprécisément. De la vérité authentique. C’est-à-dire. Aléatoire et irrésolue. Mais tout de même. Sans équivoque. Et cela rendait tout un chacun. Chambranlant et ambigu. Avançant à peu près. Chancelant sur une éventuelle possibilité élusive. Sans échappatoire apparente.
D’après les ouï-dire de quelqu’une. L’affaire se corsait. Les rumeurs allaient bon train et commençaient à brouiller les pistes. Déjà pas très claires. Sans pour autant affecter le moral des troupes. Et pour ajouter à l’incompréhension. L’une d’entre elles menait directement au fond d’une ruelle louche. Renommée l’Interzone. En plein cœur d’un espace urbain. Contestablement reconnu. Pour ses origines discutables.
Parmi les poubelles et les bacs de recyclage. Bientôt accompagnés de bacs de compostage. On pouvait entrevoir des indices. Qui laissaient à penser. Que quelques artistes aventureux. Virtuoses du gribouillage et de la patente à gosse. S’adonnaient à des rituels indéchiffrables. Aussi colorés que déjantés. Ils n’en étaient pas moins extraordinaires et admirables. Habilement dispersés parmi les odeurs invasives. D’un quotidien recyclable ou jetable. Indubitablement. Il s’y compostait des évènements d’une importance commensurable. D’autant plus. Que le maire était impliqué. Soi-disant. Ainsi que d’autres influents individus. Dans le financement de ce trafic d’imbroglios créatifs. Créateur de changement d’humeurs et de mœurs. Et lorsqu’interrogés sur le sujet. Les réponses évasives fuyaient de tout bord tout coté. Se faufilant entre les fissures des fondations et les objets encombrants. Et incomplets. Les intérêts se déplaçaient. Malgré les embuches et les anicroches. Les âmes désorientées. Du quartier. Et d’ailleurs. Convergeaient. Allègrement. Vers la ruelle du 462. Aspirant à entamer. Ce mystérieux parcours transmutatoire.
Alors que la plupart. Attribuait l’origine de ces évènements perturbateurs. À une jeunesse florissante et foisonnante. L’idée innovante. Semblait avoir émané. De l’imaginaire presque centenaire. De deux mémères suspectes. Indument identifiées comme doyennes de la collectivité artistique régionale. Qui aurait cru? Que l’Interzone était le fruit d’un malentendu accidenté... Nos deux suspicieuses jeunes vieilles prenant le concept de ruelle verte au pied de la lettre. Et de sortir les pinceaux. Pour créer une oasis. Aussi luxuriante que prolifique. Au milieu d’un désert incultivé.
Personne n’irait jusqu’à dire. Qu’il pourrait s’agir d’un crime collectif. Non-respect des dérèglements municipaux. Mais tous s’entendaient penser. Qu’elles avaient volé la vedette. La cité emblématique. N’était plus le centre d’attraction. L’envers du décor vivait ses jours de gloire. D’intrépides pionnières. À défaut d’avoir inventé la roue. Avaient réinventé l’Art de rue(elle). Untel se surprenait d’un tel exploit. Pendant que d’autres. S’en félicitaient.
Lors d’une expédition à travers l’indescriptible ruelle caniculaire. D’un été translucide. Il y suintait un parfum de tirelire et d’haha! Émanant des commerces impliqués dans l’affaire. Peu semblaient savoir. Ce que le pouvoir d’achat et l’achat du pouvoir venaient faire là-dedans. Et le reste s’empiffrait de voitures à patates frites. Profitant indistinctement. De l’exhibition gratuite. Et de l’exposition gratifiante. Oui. Les choses se corsaient. Les gens du café bistro s’en doutaient. Année après année. La mouture se raffinait. Les artistes œuvraient avec reconnaissance. Internationale. Les indices s’accumulaient. S’accrochaient aux murs de secondes zones. Quels secrets l’Interzone recelait-elle? Aucun ne le savait. Avant d’en avoir franchi le passage. Mais une chose était certaine. L’expérience se révélait transmutante. Les gens qui tentaient la traversée. En ressortaient transformés. Alors si vous vous passez dans le coin... Tant qu’à y être. Pourquoi pas?
KiKi, 2023